Mais où va le monde ?

Résumé des épisodes précédents :
Après avoir évoqué cette très très belle période de l’histoire du Japon, la période Heian, on continue dans la nostalgie des belles époques d’autrefois où time was not money et où on pensait que waïfaï était… un propos insultant peut être ???
 

Cette semaine, je me suis mise à penser à l’avenir de la calligraphie et… comme pour nos retraites et nos congés payés, je ne l’ai pas vu en rose. Les ordinateurs portables lui ont fait déjà mis un sacré coup dans l’aile et au train où vont les choses…

avant_apres
Que ce soit en termes d’encombrement, de poids ou de nombre de doigts à utiliser… la concurrence est rude pour la calligraphie !!!

Mais attention, ce n’est pas une raison pour se laisser abattre !!! Ce blog éducatif est aussi de nature résolument optimiste, qu’on se le dise !!! 

Supposons que, dans quelques générations, on arrête de torturer les petits écoliers afin qu’ils sachent écrire de leur main et qu’on leur apprenne uniquement à utiliser leur index… Alors ceux qui se mettront à l’écriture avec leurs petites mains ne le feront plus par obligation ou par nécessité mais PAR PLAISIR UNIQUEMENT !!! Pour nos petits enfants, la calligraphie ne sera que du bonheur sans contrainte. Génial, non ? 

Et ce n’est pas tout ! Ils en apprendront des choses !!!

Lorsqu’on utilise un pinceau pour écrire des caractères, on comprend vite que ça ne marche pas du tout si on n’utilise que son poignet : il faut utiliser tout le bras et aussi se tenir bien droit avec la colonne vertébrale bien étirée. Au bout de quelque temps, on finit aussi par réaliser que tous les mouvements du pinceau doivent être initiés par le bassin.

J’entends déjà nos chères têtes blondes s’exclamer avec étonnement : « Quoi ??? Je suis bien plus qu’un cerveau affublé d’un index à effet tactile ??? »

Classé un des plus beau paysage du Japon, un beau symbole d'une belle époque révolue sans internet ni tablette.
Matsushima, classé dans l’ancien temps comme l’un des plus beau paysage du Japon… un beau symbole d’une belle époque révolue ou internet et tablette ne rimaient à rien.

Eh oui les enfants !!! Avec la calligraphie vous apprendrez à reprendre conscience de votre corps d’être humain dans sa totalité. Par ailleurs, vous apprendrez à analyser puis reproduire des caractères au tracé complexe et à en apprécier l’esthétisme. 

En résultat, vous développerez tout un tas d’aires cérébrales et deviendrez bien plus intelligents que vos petits camarades qui se la péteront peut être avec leur nouveau smartphone mais n’empêche que ça n’ira pas plus loin qu’une toute petite aire toute ridicule de leur tout petit cerveau. 

Vous goûterez sûrement avec plaisir de « mettre les mains dans le cambouis » en pratiquant une activité manuelle. Certes, il vous sera impossible d’annuler ou de revenir à la dernière sauvegarde si votre dernier tracé est loupé et vous devrez écrire un par un chaque caractère sans utiliser la fonction copier-coller… mais !!! C’est l’accumulation de tous ces efforts qui vous donneront finalement ce grand sentiment de SATISFACTION du travail accompli. 

Et tout ça grâce à qui ? Grâce à Mamie Shirubii !!! Peut être même que vous irez jusqu’à me pardonner de ne pas être une gentille petite grand-mère dévolue à la confection de gâteaux pour ses petits-enfants. C’est pour ça aussi que je tenterai de me rattraper en vous livrant ma petite recette du jour.

L’ENCRE DE CALLIGRAPHIE (pour une personne)

Vous pouvez trouver dans le commerce des encres liquides déjà toutes faites mais je ne vous conseille de ne pas les utiliser (ou alors très rarement quand vraiment vous n’avez pas le temps de faire de la vraie). Sachez qu’elles contiennent des produits chimiques notamment des conservateurs et que la texture est très consistante. Certes, cela rend la tâche bien plus facile pour les débutants (ça ne fait pas de gros pâtés même si on ne manie pas le pinceau assez vite) mais elles sont d’un noir particulier que les habitués reconnaîtront facilement. 

« Hou la la ! C’est de l’encre pas fait main !!! Retourne donc à ton smartphone, flemmard !!! » dira-t-on en découvrant le subterfuge.

encre
Une bonne encre ça se mérite !!!

Il faut bien comprendre que ce n’est pas que le calligraphe soit contre se faciliter la vie mais savoir jouer sur la texture et la couleur de l’encre fait partie de la technique de calligraphie. C’est comme pour l’oeuf Mayo, on reconnait tout de suite une mayonnaise faite maison et ça fait toujours forte impression.

Ingrédients :

  • un bâtonnet d’encre dite de Chine (mélange de substances végétales avec de la suie) mais de préférence de fabrication japonaise car elle sera de meilleure qualité et embaumera votre salon d’un délicat parfum.
  • un peu d’eau (les puristes utiliseront de l’eau de source mais l’eau du robinet…  c’est bien pratique aussi et ça change pas grand chose).
  • beaucoup d’huile de coude.

Verser un peu d’eau sur la partie plate du suzuri (l’encrier en pierre). Frotter le bâtonnet suivant des petits mouvements circulaires ou longitudinaux. Verser au fur et à mesure de l’eau par petites quantités tout en continuant les mouvements de frottement, calmement et avec délicatesse pendant au moins 30 mn. Servir à température ambiante. Consommer dans la journée ou conserver au réfrigérateur (l’encre est périssable).

Bonne nouvelle, je vous ai trouvé une version raccourcie en image…

Astuce de grand-mère 1 : Il est dit que la meilleure encre était celle fabriquée par les princesses de l’époque Heian, ces femmes fragiles et délicates qui frottaient avec nonchalance et ne mettaient aucune force dans leur mouvement… Et qui n’avaient pas la télé et avaient du temps à loisir, c’est vrai ! Moins vous mettez de force, plus ça prend de temps mais meilleure est l’encre… faites votre choix.

Astuce de grand-mère 2 : Même s’il faut compter au moins 30 mn pour obtenir un bon résultat, ce temps n’est pas perdu s’il est mis à profit pour calmer ses esprits et se concentrer. Les mouvement de frottement sont aussi des exercices d’échauffement des muscles du bras. Vous pouvez également en profiter pour étudier votre le modèle et visualiser les mouvements du pinceau. 

Astuce de grand-mère 3 : Beaucoup de facteurs entrent en jeu dans la préparation de l’encre, en particulier la température et l’humidité de la pièce. Avec la chaleur de l’été (ou une pièce bien chauffée en hiver), on mettra bien moins de temps pour obtenir une texture bien huileuse ; en revanche, la qualité de l’encre sera moins bonne, elle aura tendance à devenir beaucoup plus pâteuse. Pour une pièce non-chauffée en hiver, je vous conseille de préchauffer la pierre de l’encrier (en la plongeant quelques minutes dans l’eau chaude par exemple), cela devrait vous faire gagner du temps sur le grattage.

Voilà ! Je m’arrête là pour aujourd’hui les enfants car ce soir c’est la re-re-rediffusion de Derrick et en plus on va prendre le JT en retard si ça continue et je voudrais pas louper la météo pour demain.

Y-a-t-il un pilote dans cet avion ???

Résumé des épisodes précédents : Dans ce blog aux grandes qualités tout court, nous avons approfondi la dernière fois notre connaissance des trois types de caractères qui constituent l’écriture japonaise : les deux alphabets syllabiques les hiragana (ひらがな) et les katakana (カタカナ) et les kanji (漢字), les idéogrammes d’origine chinoise… continuons encore un peu plus loin aujourd’hui !
 

Ma période préférée dans l’histoire du Japon, c’est la période Heian.

Pourquoi donc ? Parce c’est une période faste de développement de la culture japonaise, plus particulièrement dans le domaine de la poésie et de l’écriture japonaise. Parce qu’à cette époque, la capitale du Japon, c’était Kyoto (pour ceux qui n’auraient pas suivi : j’habite à Kyoto).

kyomizudera_nov2012
Le temple Kyomizudera à Kyoto (la vraie et la seule capitale du Japon pour ce qui me concerne).

A cette époque, les gens n’avaient pas la télé ou internet, ils en avaient du temps à passer !!! Ils le passaient avec des activités ludiques très créatrices c’est à dire… collectionner les aventures amoureuses à gauche à droite sans se soucier des liens familiaux éventuellement existants. C’était un peu les feux de l’amour japonais sauf qu’à cette époque là, ce genre de pratique était bien moins dangereuses (aucune MST n’a été répertoriée à cette époque).

Enfin attention !!!

Ce ne fut pas pour autant que les gens de l’époque Heian tombèrent dans la vulgarité. Il fallait respecter les formes dans la phase d’approche par exemple : composer des jolis poèmes d’amour, les recopier joliment sur du papier et les transmettre joliment à la personne convoitée… les coucheries étaient tout un art !!! Même si les règles étaient codifiées et que c’était l’homme qui devait attaquer le poème d’ouverture… un très grand nombre de femmes entrent dans le top ten des meilleurs poètes de l’époque. Des femmes en haut de l’affiche au moyen âge… c’est-y pas formidable ???

Formidable à condition de faire partie de la crème… la place d’un simple paysan de l’époque Heian n’était vraisemblablement pas des plus enviables, me direz-vous ! Pure spéculation, vous répondrai-je. Pour juger de ce qui se passait à une époque aussi ancienne, une mémoire d’homme ne suffit pas ; il faut une trace écrite. Or, à cette époque, il n’y avait que les gens des grandes familles de nobles qui savaient écrire et ces gens là utilisaient cette précieuse compétence pour transcrire leur quotidien à eux. La vie du tout-venant, ma foi… (probablement qu’ils s’en fichaient un peu). Par ailleurs, il est fort probable qu’ils enjolivaient leurs histoires du mieux possible surtout sur les anecdotes les concernant directement ou leur famille et leurs alliés.

Ce qui n’est en revanche pas le cas dans ce blog éducatif qui se revendique de mon opinion 100 % objective, vous pouvez me faire confiance.

Mais le vrai développement de mon histoire arrive, ne vous impatientez pas ! En fait, les premières traces d’écrit japonais datent du 5ie siècle, ce qui nous situe avant l’époque Heian. Les japonais, dans leurs diverses échanges avec le grand empire Chinois, ont découvert l’écriture chinoise et ont probablement assez vite saisi la force que leur procuraient un tel moyen. Ils ont donc tenté (avec plus ou moins de réussite) de s’approprier l’écriture chinoise.

Une langue orale japonaise existait (il semblait difficile de revenir là dessus) mais cette langue était bien loin de remplir les conditions d’harmonie avec une transcription utilisant des caractères crées pour la langue chinoise. Avec les idéogrammes chinois, je vous rappelle un caractère = un concept… comment allait-on faire notamment pour transcrire les formes grammaticales du japonais ???

Impossible n’est pas japonais !!! Pour le cas où la transcription via un concept n’était pas envisageable, les japonais ont utilisé les caractères chinois en leur associant une prononciation déterminée et en ignorant leur signification ; les premiers écrits japonais étaient donc une sacrée belle pagaille ! Lecture par le concept ou par la prononciation, un peu selon l’humeur du jour… Après quelques générations de calligraphes, l’écriture s’est transformée et les caractères utilisés pour leur prononciation se sont distingués de leur caractères d’origine.

Un exemple d’écrit de la grande époque Heian

Deux cent ans plus tard, alors que s’ouvre la grande période Heian, on utilise principalement les caractères « kana », les ancêtres des hiragana et katakanas ; ce sont des formes graphiques simplifiées des idéogrammes chinois auxquels on a associé une seule et unique sonorité… comme nos bonnes vieilles lettres de l’alphabet.

Les kana étaient aussi appelés « Onna-de » (女手 littéralement main de femmes). Une explication romantique serait que les femmes japonaises aient été à l’origine des kanas… Une explication pragmatique dira plutôt qu’à cette époque, les idéogrammes « Otoko – homme 男 » et « Onna – femme – 女 » permettaient aussi de distinguer les créations de l’Empire chinois de celles des autres pays asiatiques (Japon, Corée, Vietnam…). Les caractères chinois étaient les « Otoko-de », (男手) littéralement main de l’homme et l‘alphabet coréen (hangeul) était aussi désigné par Onna-de. 

568px-Izumi_Shikibu_sylvieVoilà comment sont nés les caractères japonais et qu’ils ont été intensivement utilisés pour écrire de le top du top de la poésie japonaise. Avec leur si charmante apparence tout en rondeur, ils ont été à l’origine de tellement de conquêtes amoureuses que l’on s’accordera en toute objectivité à les trouver super sexy !!!

Ou alors, c’est juste moi qui débloque, c’est possible aussi… mais nous verrons ça au prochain épisode. 

Pour une joyeuse Saint-Valentin toute en caractère

Résumé de l’épisode précédent
Dans ce blog de grande qualité instructive tout en restant très amusant, nous avons vu la dernière fois que l’écriture japonaise est constituée de trois types de caractères : les kanji (漢字idéogrammes d’origine chinoise au tracé compliqué), les hiragana (ひらがな caractères propres à la langue japonaise au tracé simple et arrondi) et les katakana (カタカナ propres à la langue japonaise au tracé simple et carré).
 
 

Au Japon, c’est souvent le pays où ne fait pas comme dans les autres pays, mais il y a quand même des choses qui sont « tout ce qu’il y a de plus normal » même pour nous les occidentaux.

La "baie aux anges" de Shodo-shima, un site ultra romantique (au sens touristique du terme).
La « baie aux anges » de Shodo-shima, un site ultra-romantique mais au sens surtout touristique du terme.

Par exemple, la Saint-Valentin au pays du soleil levant est un événement tout ce qu’il y a de plus commercial… avec la particularité que la fête est annoncée dès le mois de Janvier avec les rayons des supermarchés qui se remplissent soudainement de ventes spéciales de chocolat !

Ouf, quelque chose de pas si normal et comme c’est un peu mon fond de commerce, tant mieux !

En effet, il est de coutume que les femmes japonaises offrent du chocolat à leur valentin. Comme les hommes japonais sont par ailleurs plutôt malins, figurez-vous qu’il n’y a pas de règle exclusive concernant qui est désigné comme valentin de quelle demoiselle. Le seul fait d’être un garçon de la classe, un collègue masculin dans le même bureau et… vous voilà octroyé le privilège de recevoir des chocolats sous toutes formes diverses et variées ! Une honteuse ségrégation contre les femmes qui aiment le chocolat, si vous voulez mon avis. Cependant, avant que j’ai pu crier au scandale machiste, une amie japonaise m’a expliqué la contre-partie : en Mars, il y « aurait » une autre fête, où les hommes « seraient » censés offrir de la bijouterie en échange des chocolats de Février. Ce marché « serait » donc financièrement à l’avantage des femmes… Notez que j’utilise le conditionnel car (comme par hasard) cette fête en Mars a un battage médiatique bien plus discret et est bien moins suivie que la Saint Valentin.

chips_chocolat
Des authentiques chips au chocolat (dans la catégorie des choses qu’on ne voit qu’au Japon)

Enfin, pour ce qui nous concerne, la Saint-Valentin va être l’occasion d’avancer dans notre leçon d’écriture japonaise.

Dans le supermarché à côté de chez moi, j’ai trouvé ça (cf photo sur la gauche) et je n’ai pas pu m’empêcher de l’acheter pour vous le montrer. Et vous ne rêvez pas et comme cela est indiqué avec les caractères « romaji » que vous pourrez tous lire sans peine, il s’agit bien de…

CHIPS AU CHOCOLAT !!!

Mais attention car ce sont des 贅沢 ショコラ (« Zeitaku chocolat ») littéralement « Luxe chocolat » . On se tiendra pour dit que je ne vous ai pas choisis pas n’importe quel paquet de chips qu’on trouverait dans le ED japonais du coin pour vous instruire (non mais, pour qui me prendriez-vous par hasard ???).

Et je dirais même plus : しお味に、チョコっと甘さを (« Shio aji ni, choco to amasa wo ») soit tenez-vous bien et préparez-vous au choc dégustatif « le goût salé et la douceur du chocolat ». Miam miam. Je sais pas pour vous mais pour moi, c’est au second degré que je me lèche les babines.

Bon allez, au boulot !

Premier exercice : Identifions les différents type de caractères dans ces deux phrases.

  • les kanji : 贅沢 (luxe) 味 (goût) 甘(douceur, sucré)
  • les katakanas : ショコラ (chocolat avec la prononciation en français) チョコ (chocolat avec la prononciation en anglais « chocolate »)
  • les hiragana : しお(sel)  に (« sur »)  と(« et »)  を(particule introduisant le complément d’un verbe)

Deuxième exercice : Que peut-on en déduire des usages particuliers de chacun des types de caractères ?

  • les kanji… a priori, on les utiliserait pour les noms.
  • les katakana… a priori, on les utiliserait pour les noms d’origine étrangère.
  • les hiragana… à part l’exception du sel, a priori, on les utiliserait pour des particules grammaticales.

Troisième exercice : Quelle est la nature de chacun des types de caractères ?

  • les kanji… si l’on fait exception du « luxe », a priori : un caractère = un concept.
  • Pour les katakana, on a par exemple ショ / cho – コ / co – ラ / la. Il y a une correspondance un caractère, une sonorité.
  • Pour les hiragana, il y a une correspondance un caractère = une sonorité.

Voilà donc la leçon d’aujourd’hui !!!

Les kanji, ces caractères chinois d’apparence plutôt compliquée, sont ce qu’on appelle des idéogrammes, c’est à dire qu’un caractère représente une idée. Un caractère veut dire « goût » par exemple. Quelques fois, c’est plus compliqué et comme pour l’idée du luxe, on utilise des combinaisons de deux autres idées (贅 = extravagance – 沢 = lac). Il n’y pas de lien (évident) entre le caractère et sa lecture… C’est quelque chose peu ordinaire pour nous les occidentaux qui utilisons un alphabet, n’est-ce pas ?

Les hiragana et les katakana sont des alphabets syllabiques, c’est à dire qu’un caractère (ou pour certains cas, une combinaison choisie de deux caractères) correspond à une syllabe sonore. Il y 46 caractères par alphabet qui permettent de transcrire la totalité des sonorités de la langue japonaise. Les hiragana sont utilisés principalement pour les formes grammaticales, les noms qui n’ont pas d’idéogramme chinois ou alors, pour simplifier la lecture (par exemple, plutôt que d’utiliser un idéogramme chinois d’usage peu courant, on l’écrit en hiragana que n’importe quel enfant japonais pourra lire). Quant aux katakana, ils sont utilisés principalement pour transcrire les noms d’origine étrangère et/ou pour mettre en relief les sonorités d’un nom (les onomatopées, par exemple).

Voilà, c’est fini pour ce nouveau post et cette nouvelle leçon.

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P.S. 1 : C’est dingue ce qu’on peut apprendre grâce à un seul paquet de chips, non ?
P.S. 2 : Rajoutons une nouvelle touche de salé, un petit grain de sel ! En vérité, dans les dictionnaires, pour le chocolat, vous ne trouverez que la version officielle « chocolate » mais la version française « chocolat » est devenue très à la mode et est vue comme une manière bien plus raffinée de présenter le produit. 
P.S. 3 : L’histoire ne dit pas si ces chips sont vraiment mangeables ou non, c’est vrai que l’on reste un peu sur sa faim du coup ;-).

Comment bien commencer 2014 en s’amusant…

jolie_photo_c_est_toutEn cette nouvelle année 2014 toute fraîche remplie de bonnes résolutions et de profondes remises en question, j’ai décidé de re-centrer mon blog sur mes vraies envies dans la vie ! A savoir… Transmettre tout ce que j’ai appris sur l’écriture japonaise à mes compatriotes qui n’y connaissent rien. Et même soyons ambitieux : aux personnes de langue française qui n’y connaissent pas grand chose. Et puis il y a aussi devenir maître de l’univers mais là, ça n’a pas encore de rapport très direct avec ce post (tout comme la photo que j’ai insérée à gauche d’ailleurs, c’est juste pour faire joli, c’est tout). 

Sacré défi en perspective, n’est-ce pas ? Mais je me sens prête à le relever ici et maintenant. Tout en reconnaissant la forte possibilité de ne jamais aller jusqu’au bout de l’exercice et d’abandonner au bout de quelques semaines, c’est vrai.

Contre les propos de mes éventuels détracteurs, ce ne sera que l’occasion de citer le très grand artiste japonais, Okamoto Taro, connu pour ses prises de position très avant-gardiste et pour cette drôle de statue-totem très beaubourg-rien dont il était le créateur et qui fut au centre de l’exposition universelle d’Osaka en 1970. Ce Mr Okamoto (de son prénom Taro) expliquait par exemple comment il avait eu pour projet de devenir moine. Et qu’il avait abandonné trois jours plus tard. Et ensuite, comment il avait décidé d’écrire son journal. Et qu’il avait encore abandonné quelques jours après. Ce n’était pas pour autant qu’il se sentait découragé ou qu’il pensait être quelqu’un de peu consistant et bien trop léger dans l’âme. Non non non. Bien au contraire ! Il estimait qu’il était un modèle à suivre et que nous devrions tous avoir comme objectif de rechercher nos passions et de les vivre à 100% quand bien même elles seraient d’un naturel fortement volatile. Si nos actions sont motivées par l’envie, les poursuivre est le meilleur moyen d’apprendre à se connaître et de découvrir sa vraie nature. Cependant lorsque l’envie disparaît et que seule subsiste l’obligation de continuer pour pas « gâcher »… il faut abandonner sans regret d’aucune sorte et passer à autre chose, disait-il. Car là, on n’est plus du tout dans le cadre de sa vraie nature intime qui s’exprime. 

Il m’a sacrément décomplexé face à mes déboires bloguesques, ce grand homme. 

Pour en revenir au vrai sujet du post maintenant (pour rappel : Transmettre tout ce que j’ai appris sur l’écriture japonaise à mes compatriotes qui n’y connaissent rien. Et même soyons ambitieux : aux personnes de langue française qui n’y connaissent pas grand chose).

J’ai commencé par me mettre à la place de quelqu’un comme vous qui n’y connaissait rien du tout au sujet (pour rappel : l’écriture japonaise) et j’ai tenté de deviner la première idée qui vous viendrait à l’esprit. Et j’ai trouvé celle là : « quand bien même je m’intéresserais à ce sujet un peu ch… qui a l’air de manquer de flingues et de nanas en bikini, comment je pourrais bien savoir si on ne se fiche pas de moi et que le texte que l’on me montre est bien un texte écrit en japonais ??? Hein d’abord, je vous le demande ??? »

C’est une très bonne question d’autant que si vous êtes aussi nul sur le sujet que vous le prétendez, vous ne savez peut être pas que les Japonais n’ont pas inventé leur écriture. En réalité, ils ont piqué les caractères aux Chinois et même s’ils les ont modifiés par la suite et en ont fait une version très japonisée… il reste une grande ressemblance entre un texte écrit en japonais et un texte écrit en chinois.

Soyons concret, lequel des textes est du chinois et lequel est du japonais, à votre avis ?

岡本太郎(1911年2月26日-1996年1月7日)、日本藝術家。1929年(昭和4年)至1940年(昭和15年)為止,岡本太郎都居住在法國。岡本太郎對於抽象美術運動與超現實主義運動都有影響。他最有名的口號是「藝術就是爆炸」。

ou

岡本 太郎(おかもと たろう、1911年(明治44年)2月26日 – 1996年(平成8年)1月7日)は、日本の芸術家。血液型はO型[1]。 1929年(昭和4年)から1940年(昭和15年)までフランスで過ごす。抽象美術運動やシュルレアリスム運動と直接関わった。

Et vous me répondrez : « les deux sont du chinois voyons !!! »

Ha ha ha. On me l’avait jamais faite celle là ;-|

C’est le deuxième extrait qui est en japonais. Si vous regardez d’un peu plus près, vous apercevrez probablement plusieurs types de caractères à l’intérieur du texte. Certains caractères sont très compliqués, ils ont un tracé plutôt complexe ; ce sont les kanji, les caractères d’origine chinoise, par exemple : « 岡本太郎 ». D’autres caractères ont un tracé plus simple ; ce sont les hiragana et les katakana, les caractères crées par les Japonais pour la langue japonaise comme par exemple « おかもと たろう » et « フランス ». 

Voici donc la réponse à votre question, si vous arrivez à faire la différence entre les complexes kanji et les simples hiragana et katakana, vous êtes donc en mesure de faire la différence entre un texte écrit en chinois et un texte écrit en japonais. Vous devriez donc faire un carton dans le nouveau jeu « regardez cette photo, on est au Japon ou pas ? » qui pourrait faire fureur en 2014 (enfin si ça ne tenait qu’à moi).

Alors, à votre avis ??? C'est du japonais ???
Alors, c’est au Japon ou pas ???

Malheureusement, il y a une faille dans la tactique. Si par exemple, si vous vous promenez dans Kyoto comme moi et que vous prenez des pancartes d’indication, ça ne marche plus si bien.

Sur la photo à gauche, vous avez du bol.

Sur la photo d’en haut ou d’en bas, et bien non, loupé !

Car les kanji sont utilisés pour écrire les noms (notamment les noms de temple ou de musées qui sont si nombreux à Kyoto), les caractères hiragana pour écrire les formules grammaticales du japonais et les caractères katakana pour les noms d’origine étrangère. Si jamais vous avez l’ambition de briller en société en devenant un vrai pro du nouveau jeu 2014, il va donc falloir affiner votre tactique…

Mais pas d’inquiétude, je vais m’efforcer de vous y aider dans les prochains posts !

jolie_photo_mauvais_exemple
Et oui, c’est loupé, c’est un temple japonais dont le nom est écrit rien qu’en kanji.